À Bannalec, l'entreprise -autrefois au bord du gouffre- reprend du poil de la bête. Pour assurer l'avenir de ses 200 salariés, un investissement de 4 millions d'euros s'impose.
Basées à Bannalec, les salaisons Tallec vont mieux. Beaucoup mieux même, après avoir frôlé l'asphyxie en 2006. À l'époque, les salaisons vivotent sous la coupe du groupe Ducatel. En grande difficulté financière, l'industriel décide de vendre. Briec Bounoure et Michel Moreu, deux investisseurs privés, mettent la main à la poche. Ils découvrent une entreprise au bord du gouffre, au fond duquel les précédents propriétaires ont laissé filer l'outil.
Les deux hommes vont s'accrocher. Peu à peu, à force de prendre le taureau par les cornes, l'entreprise affiche un vrai regain. Aide-toi et la Région, le conseil général, et le pays de Quimperlé t'aideront... C'est en substance un nouvel élan de solidarité économique qui redonne du poil de la bête aux salaisons. Tallec réussit le tour de force de maintenir les 200 emplois. Aujourd'hui, les salaisons veulent dépasser le cap de la survie. Il leur faut impérativement investir dans ce qui marche et pousser les murs.
Avances remboursables
Tallec doit augmenter de 2 000 m 2 sur les deux sites de production bannalécois (Loge-Begoarem et Moustoulgoat). Les travaux doivent démarrer au printemps, à condition d'obtenir les financements nécessaires, nerf de la guerre du développement après la survie.
Michel Moreux, patron des salaisons, prévoit un investissement de 4 millions d'euros afin de se lancer dans de nouvelles productions : charcuterie fraîche emballée et produits en libre-service. Des avances remboursables d'un montant global de 730 000 € sont nécessaires, le reste sera financé par l'emprunt.
Si le calendrier est respecté, cet investissement pourrait se traduire par la création de 20 emplois supplémentaires. Le conseil de Bannalec a entériné une avance de 91 250 €, comme l'a fait la Cocopaq hier soir. La Région suit et le conseil général devrait faire de même. Encourageant, d'autant que les salaisons enregistrent de bons résultats, (boostés également par les commandes engendrées par les fêtes de fin d'année).
« Cette opération est vitale pour l'entreprise, atteste Michel Moreu. Sans cela, le navire reste à quai, pas question de se développer et de conquérir de nouveaux marchés. D'autant plus important que l'entreprise bénéficie d'une image de marque formidable dans la charcuterie haut de gamme. »
Les aides des collectivités, Région, Département, Cocopaq et Bannalec, cumulées au fond de consolidation des entreprises (FCDE) créé en octobre par l'État, et l'appui de la Banque de France du Finistère, vont donner les coudées franches aux salaisons : « C'est un Mécano financier et économique complexe, nous sommes sur la bonne voie. »
Les Salaisons Tallec emploient 200 personnes (une centaine supplémentaire en contrat à durée déterminée (CDD) pour les fêtes de fin d'année) pour un chiffre d'affaires global de 25 millions. 15 % du chiffre est réalisé à l'étranger, dont l'Allemagne et la Grande-Bretagne.
Pierre WADOUX.